Peut-on remplacer un contrat de 3e pilier ?

« J’ai un 3e pilier depuis plus de 20 ans. On m’a dit de ne jamais le toucher. »

C’est une phrase que l’on a l’habitude d’entendre. Un contrat de 3e pilier souscrit dans les années 2000 et plus tôt est considéré comme intouchable. C’est ce que la plupart des conseillers en assurance ou banquiers auront tendance à vous dire. Et on peut deviner ce qui les pousse à donner un tel conseil :

  • Taux d’intérêt (taux technique) garanti,
  • couvertures des risques assurées,
  • valeurs de rachat peu élevées,
  • plus aucune compagnie ne peut vous offrir ce taux aujourd’hui.

En effet, ces arguments ont l’air tout à fait solides au premier abord. Et si on s’arrête à ces derniers arguments, on suit le conseil et on ne touche surtout à rien. « Casser un contrat » garanti pour un nouveau contrat peut donc sembler ridicule.

Et pourtant, si on se penche sur chaque détail, on pourrait aisément reconsidérer la question. Et c’est exactement ce que nous allons faire ici.

Prenons le premier argument qui fait sens pour 99% des professionnels du domaine de la prévoyance et des assurés :

Le taux technique

Un taux technique pour une compagnie d’assurance, c’est le taux d’intérêt défini à la signature et garanti sur toute la durée du contrat sur la prime d’épargne de l’assuré. En d’autres termes, si vous avez un taux technique de 3%, votre épargne sera rémunérée à 3%. Indépendamment de la situation des marchés financiers, du taux directeur de la BNS, des décisions du président américain ou de la météo… Ce taux est garanti même si la compagnie d’assurance fait faillite. On peut donc facilement considérer, au premier abord, le taux technique comme le Saint Graal.

Mais ce taux technique peut engendrer un sérieux manque à gagner à votre portefeuille de prévoyance, en particulier si c’est le seul instrument financier sur lequel vous avez misé. Car, tout bien considéré, un taux de 3%, même s’il est garanti, ne peut plus faire face aux événements qui, aujourd’hui, affectent votre pouvoir d’achat à la retraite.

  • Déséquilibre structurel du système de l’AVS (moins de cotisants, plus d’assurés),
  • rémunérations faibles des caisses de pension (2e pilier),
  • environnement de taux bas.

Il faut également préciser que ces contrats garantis, prévoyaient une rémunération supplémentaire qui comptait sur des excédents pour augmenter votre capital à la retraite. Un système basé sur la performance de taux d’intérêts qui sont aujourd’hui quasi inexistants.

Couvertures de risques

Un contrat de 3e pilier, comme son nom l’indique, doit combler les lacunes des 1er et 2e piliers. Une analyse de prévoyance doit dont être réalisée pour définir de manière précise s’il y a besoin ou non de protéger son revenu en cas d’incapacité de gain et/ou le niveau de vie de sa famille en cas de décès.

Que vous ayez un contrat vieux de 5, 20 ou 30 ans, les couvertures de risque doivent s’adapter à votre niveau de vie. Un changement d’employeur, une augmentation ou diminution de votre salaire, un mariage, la naissance d’un enfant… Tous ces événements déclenchent obligatoirement une nouvelle analyse de prévoyance et au besoin une mise à jour de ses couvertures de prévoyance.

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Valeurs de rachat peu élevées

Opter pour un nouveau contrat en assurance fait immédiatement penser à la valeur de rachat du contrat actuel. Naturellement, on imagine que si on souscrit à un nouveau contrat, on doit mettre fin à l’existant dans l’idée de le remplacer par le nouveau. Et, effet, lorsque la plupart des clients vont vérifier leurs valeurs de rachat, ils sont étonnés de voir une différence plus ou moins élevée entre l’épargne effectivement investie et le montant réel disponible en cas de résiliation (rachat) de leur contrat.

Cette différence est d’autant plus importante sur les contrats assortis d’une garantie. Lorsqu’on vous présente une valeur de rachat de CHF 10 000 alors que vous avez investi CHF 35 000, il est normal que vous pensiez que résilier soit une mauvaise idée.

Toutefois, beaucoup ignorent qu’il existe d’autres façons de passer à un nouveau contrat :

  • Réduction de la prime d’épargne,
  • libération du paiement des primes,
  • etc.

Naturellement, il est important de se pencher sur chaque détail pour prendre une telle décision. Il est préférable de demander conseil à un spécialiste en prévoyance avant de se décider à effectuer des changements irréversibles. Chez MoneyLife, nous procédons à toutes les vérifications nécessaires et nous nous assurons de la nécessité d’apporter des modifications à un contrat parce que ces pratiques, si elles ne sont pas encadrées par des professionnels, peuvent entrainer, par erreur, une perte financière conséquente pour l’assuré.

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Mon 3e pilier est-il à jour ?

Plus aucune compagnie d’assurance n’offre de taux garantis

En effet, il n’existe plus de contrat avec des taux techniques de 2, 3 ou 7%. Toutefois, les compagnies d’assurance (notamment AXA ou SwissLife), afin de palier à ces baisses de taux, élaborent des solutions innovantes qui s’adaptent au marché :

  • 3e piliers hybrides,
  • contrats flexibles de plus en plus personnalisés.
  • adaptations d’effets de levier automatiques
  • fonds de placements avec des frais proches de zéro,
  • etc.

Certaines solutions de prévoyance aujourd’hui n’ont rien à envier aux vieilles méthodes garanties et rémunèrent votre épargne à des taux de rendement nets qui avoisinent les 10% par année.

Alors, dois-je remplacer mon 3e pilier de 1998 ? Ce qui est sûr, c’est que cette question n’est pas à exclure. Chez MoneyLife, nous recommandons à nos client de réaliser une analyse de prévoyance dès qu’un événement clé apparaît afin de maintenir sa situation de prévoyance à jour.

Parce que votre prévoyance c’est comme votre santé, elle s’entretient régulièrement.

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